Diagonales Conseil

Yvonic Ramis, Président de l’ADGCF

Yvonic Ramis, 

Président de l’Association des Dirigeant.e.s des Territoires (ADGCF)

 

Découvrez via le nouveau Président Yvonic Ramis le changement de « baseline » de l’ADGCF, anciennement Association des Directeurs Généraux de France !

L'intégralité de l'interview

  1. L’ADGCF, anciennement « Association des Directeurs Généraux des Communautés de France » vient de changer sa « base line » par « Les Dirigeant.e.s des Territoires ». Pouvez-vous nous expliquer ce choix ?

C’est très simple. Dès 2015, l’ADGCF a affiché l’ambition de favoriser l’émergence d’un réseau de professionnels des territoires de projets. L’objectif : mettre en partage les méthodes et hypothèses de travail, les idées et les réflexions prospectives élaborées et expérimentées. C’est pourquoi l’Association « héberge » désormais, outre les directeurs généraux des communautés et métropoles, les directeurs de PNR, d’EP SCOT, de PETR, d’Agence d’urbanisme, ainsi que les membres du club Prospective dans le cadre de « collèges associés ». L’enjeu était d’unifier autour de l’ADGCF un ensemble de professionnels qui engagent des méthodes de travail modernes visant à mieux appréhender les nouveaux enjeux des collectivités, autrement dit, de faire de notre association le « cluster » dédié à l’analyse et à l’accompagnement des mutations territoriales actuelles et à leurs impacts en termes organisationnels et managériaux.

Enfin, vous noterez l’usage d’une écriture « inclusive » dans notre nouvelle base line. Ce choix vise à rappeler que plus de 40 % de nos membres sont des femmes. Dès 2018, l’Association s’était d’ailleurs engagée dans l’élaboration d’une charte appelant à davantage de parité dans les organisations communautaires et métropolitaines.

 

  1. Vous venez de prendre la présidence de l’ADGCF, quels sont vos principaux défis ?

Au regard du projet associatif qui a été validé par l’ensemble de nos membres en septembre dernier, je dirais que l’on peut évoquer deux défis essentiels. Le premier, relève de l’intensification de notre réseau professionnel et de la solidarité entre pairs intercommunaux. Cette dynamique passe par la consolidation de notre réseau régional : la contextualisation des problématiques territoriales apparaît plus que jamais comme un impératif pour nos membres. Elle procède aussi du déploiement d’un dispositif de suivi des trajectoires professionnelles des membres de l’ADGCF, notamment de jeunes collègues et de femmes dirigeantes, via un système de marrainage et de parrainage et, plus largement, d’un soutien plus actif de l’Association aux directeurs généraux en difficulté.

Le second défi vise à affirmer l’ADGCF comme un « think tank » territorial. L’Association a toujours cherché à mettre à disposition de ses adhérents un corpus de connaissances en phase avec leur pratique quotidienne tout en leur permettant également de décrypter les mutations socioéconomiques qui bousculent nos territoires. Dans ce cadre, nous avons, en mars dernier, installé un « conseil scientifique » visant à alimenter et à densifier les travaux prospectifs de l’Association. Nous avons également l’ambition de lancer trois « Ateliers » thématiques itinérants –transition écologique et anthropocène, transition numérique, digitalisation et management des organisations, nouvelle chaîne de production du service public–, complétant et dynamisant notre offre de séminaires régionaux. Nous sommes dans les starting blocks sur ce projet, mais, pour le moment, la pandémie retarde notre dessein…

 

  1. Quel sera le quotidien demain d’un.e « Dirigeant.e des territoires » selon vous ?

D’un point de vue managérial, la catastrophe sanitaire a accélèré une dynamique de management plus collaboratif. En bref, le quotidien, demain, d’un dirigeant de territoire, ce sera de donner davantage de « transparence » à l’information, de faire toujours plus « confiance » à ses équipes et de pousser à leur « autonomisation », bref, d’être moins un expert en organisation qu’un manager « intercesseur », en capacité d’animer, d’impulser et d’éclairer la complexité.

D’un point de vue territorial, la catastrophe sanitaire que nous traversons a vu le retour en force des organisations locales, saluées pour leur réactivité et leur capacité à maintenir un niveau de service public minimal dans un contexte très compliqué. C’est ce sur quoi le dirigeant de territoire devra être particulièrement vigilant dans les prochaines années : mettre en œuvre des politiques locales reposant sur la capacité des collectivités à renforcer les chaînes de production collective, à mobiliser les ressources de la société locale tout en luttant contre ses vulnérabilités.

D’un point de vue du service public enfin et dans un contexte de contraction budgétaire, le dirigeant de territoire devra veiller, au quotidien, à toujours mettre l’usager au cœur de la fabrication des politiques territoriales, car c’est celui-là même qui justifie, au bout du compte, l’existence des collectivités. Pour ce faire, à nous, managers territoriaux, de préserver la solidité et l’agilité de l’action publique locale, garante de la protection des populations et de la résilience des territoires.

 

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