Diagonales Conseil

Olivier PERALDI

Olivier Peraldi, Co-fondateur de l’Institut Chiffres & Citoyenneté (C&C)

Découvrez le think tank Chiffres & Citoyenneté co-fondé par Olivier Peraldi qui a récemment contribué au débat sur la création de la 5ème branche. 

L’intégralité de l’interview

1. Pouvez-vous nous présenter l’Institut Chiffres & Citoyenneté (C&C) dont vous êtes co-fondateur ?

L’Institut Chiffres & Citoyenneté est un think tank affirmant les valeurs républicaines dans sa démarche participative au débat public. Rassemblant des citoyens de divers horizons, l’Institut C&C accueille les sensibilités de gauche, de droite et du centre dans un échange fructueux qui, s’il n’exclut bien sûr pas les convictions des uns et des autres dès lors qu’elles s’inscrivent dans les principes républicains et le respect des règles de savoir-être. C’est une façon conviviale mais déterminée de lutter contre toute forme de démagogie et populisme.

L’objectif est d’aller au-delà des litanies de chiffres et d’idées reçues qui, trop souvent, occultent toute réflexion de fond sur des problématiques de politiques publiques qui méritent une plus grande attention et participation du citoyen.

2. Quelles sont les principales conclusions de l’atelier conduit par votre think tank sur la création de la 5ème branche ?

En même temps qu’elle organisait la prise en charge du coût inédit généré par la crise de la covid-19, la loi sur la dette sociale votée en juin dernier, entérinait la création de la 5e branche de la sécurité sociale qui gèrera désormais les politiques du « grand âge ». Pour autant, les prochaines étapes seront tout aussi importantes, avec le vote en décembre de la Loi de financement de la sécurité sociale pour 2021 qui devrait affecter une part significative de la CSG au financement de cette nouvelle branche et, surtout, le projet de loi « grand âge autonomie » annoncée par le président de la République pour le premier trimestre 2021.

Avec François Jeger, co-fondateur de C&C, nous avons proposé aux membres du think tank qui le souhaitaient de participer à un groupe de travail afin de proposer les mesures qui nous semblent les plus adaptée aux besoins tout en prenant en compte les conditions très particulières d’une crise dont personne ne voit encore la fin.

Il est important tout d’abord de rappeler que toute nouvelle branche de la sécurité sociale ne peut voir l’essentiel de ses financements appuyés sur l’activité, c’est-à-dire sur des cotisations salariales et patronales supplémentaires. Il convient de sortir de ce réflexe autant politique qu’administratif de se tourner vers les entreprises et les salariés pour combler des déficits, plutôt que de penser autrement, par exemple par la recherche d’optimisation des dépenses et surtout, en matière de protection sociale, par la prévention.

Les besoins de financement sont considérables. Faire face à la vague démographique du « papy-boom » qui atteindra son apogée en 2030, nécessite de trouver 9 milliards d’euros de dépenses supplémentaires chaque année pendant cinq ans. Les arbitrages demanderont courage et détermination. Car, au-delà-des transferts de recettes d’une branche de la sécurité sociale à une autre, qui doit payer ? Certainement en partie les actifs, mais appuyer sur l’activité économique au moment où sévit une crise inédite dans son ampleur et ses conséquences pour l’emploi serait très risqué. Les retraités doivent faire partie des contributeurs pour la couverture d’un risque qui concerne près de 19 % de la population âgée et qui, il faut bien l’avoir en tête, survient – quand il survient – plus de 25 ans en moyenne après la sortie du monde du travail. De fait, il est nécessaire de mobiliser l’épargne et le patrimoine des retraités. Et comme, par démagogie et manque de courage politique, le débat sur l’assurance dépendance n’a pu se dérouler correctement depuis dix ans, nous nous privons aujourd’hui collectivement d’un levier qui fait déjà cruellement défaut…

3. Vous venez également de publier un roman « Le Prochain Testament », sur un futur peut-être pas si éloigné que de ce que nous vivons aujourd’hui… Comment cette idée est-elle née ?

Cela pourrait être vu comme un engagement citoyen de plus, mais même si c’est également une façon de s’adresser aux autres, la littérature fait appel à des ressorts d’inspiration et d’action très différents de ceux d’un travail collaboratif au sein d’un think tank. Il s’agit d’abord d’un regard singulier et non plus collectif sur le monde. Un roman est, ensuite – et en cela il est proche des moyens de la poésie –, une traduction émotionnelle de ce qui nous touche les uns et les autres avec plus ou moins d’acuité, là ou un think tank comme l’Institut C&C privilégie le rationnel.

Le Prochain Testament parle de la difficulté d’aimer dans un monde ultraconnecté où chacun cherche sa raison d’être. Ce paradoxe devrait nous parler au moment où la distanciation sociale et la relation par écran interposé s’imposent. Pas certain que nous soyons dans la science-fiction…

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