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Aurélie Chompret

Aurélie Chompret, Secrétaire Générale de l’Institut de la Protection Sociale Européenne (IPSE)

Aurélie Chompret, Secrétaire Générale de l’Institut de la Protection Sociale Européenne (IPSE), revient sur les combats de cette institution pour le développement des solidarités.

 

L’intégralité de l’interview

1. Vous êtes Secrétaire Générale de l’Institut de la Protection Sociale Européenne (IPSE). Quelles sont les missions de cet institut ?

« L’objet de l’Ipse est de :

  • Favoriser le développement de la protection sociale solidaire européenne, promouvoir entre ses membres des actions de coopération et de synergie
  • Assister et conseiller ses membres, les partenaires sociaux, les organismes sociaux, les branches professionnelles, les entreprises dans leurs recherches et études pour le développement de la protection sociale
  • Contribuer à la diffusion de la connaissance des problématiques et des enjeux sociaux avec la prise en compte des environnements économiques, culturels…
  • Participer au plaidoyer européen en faveur de l’Europe sociale et de la place de l’économie sociale comme levier clef. »

 

2. Quels sont les principaux combats de votre institut pour le développement des solidarités ?

« Pour n’en citer que deux, je soulignerais notamment notre ambition de mieux faire connaître le socle européen des droits sociaux à nos membres et partenaires car il constitue une pierre décisive dans la construction d’un projet européen plus solidaire et tourné sur les enjeux économiques et sociaux de long terme. Sans compter que le socle européen doit pouvoir être un levier pour l’économie sociale autant que l’économie sociale un levier pour le socle européen des droits sociaux.

A cette fin et au-delà des connaissances sur le socle, nous travaillons activement avec ESS France, et en articulation avec Social Economy Europe, à un travail de plaidoyer pour renforcer l’Europe sociale et la place de l’économie sociale en son sein. »

 

3. En quoi l’économie sociale et solidaire peut-elle être un enjeu dans le New deal de la transition

« La crise sanitaire, qui s’est transformée en crise économique et sociale, a durement souligné les fragilités professionnelles, les inégalités sociales, les besoins de protection non couverts, mais aussi les conséquences d’un capitalisme dérégulé et de politiques aux contingences budgétaires court-termistes délétères.

L’économie sociale et solidaire – avant pendant et après la crise, dans toutes ses formes d’entreprises (institutions de prévoyance, mutuelles, associations, coopératives, fondations…) agissant dans tous les secteurs d’activité – a largement montré sa capacité de résilience, d’innovation, d’amortisseur socio-économique, d’acteur de l’investissement social et sociétal, d’accompagnement des mutations du travail ou encore de l’environnement. A ce titre, elle est déjà pleinement actrice de la transformation vers un modèle de développement économique plus durable. Elle a la responsabilité de continuer à incarner l’économie de demain, qui peut prendre la forme d’un « new deal » de la transition. Elle a le droit de voir son rôle reconnu comme tel. »

 

4. Quel serait pour vous un exemple illustratif d’un vrai changement de paradigme dans la prise en compte des solidarités en Europe ?

« L’idée même de la solidarité implique de penser les choses au-delà de sa personne, au bénéfice du plus grand nombre, notamment des plus fragiles.

Cela doit pouvoir à mon sens s’incarner en Europe à différents niveaux, comme par exemple un cadre plus protecteur face aux mutations du travail, des politiques communes ambitieuses face aux défis communs à l’ensemble des pays européens (démographiques, environnementaux, sanitaires, démocratiques…), une priorité claire donnée à l’économie du vivant, la volonté de redonner corps à une souveraineté européenne à même de garantir le développement de stratégies industrielles utiles à tous, etc. L’Europe doit mobiliser des moyens, des outils et des « alliés » à même de porter de telles ambitions.

Nul doute que cela doit être pensé dans une co-construction plus étroite entre les Etats et une économie sociale dont le modèle démocratique de réinvestissement de ses excédents, participe à l’évidence, à l’élaboration de politiques et de projets où le court terme n’obère pas les enjeux et les besoins de long terme. La solidarité doit aussi s’incarner entre le présent et le futur. »

 

 

 

 

 

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