Diagonales Conseil

David Gruson

Fondateur de l’initiative académique et citoyenne « Ethik-IA » et Directeur du programme Santé au sein de Jouve

 

David Gruson, fondateur de l’initiative académique et citoyenne « Ethik-IA » et Directeur du programme Santé au sein de Jouve, nous présente les valeurs de l’initiative Ethik-IA et revient sur la notion de « régulation positive » de l’intelligence artificielle et de la robotique. 

 

L’intégralité de l’interview

1. Vous êtes fondateur de l’initiative académique et citoyenne « Ethik-IA », comment cette initiative est-elle née ?
 
« Cette initiative a été engagée voici deux ans et demi dans le contexte à l’époque de la mission VILLANI sur l’intelligence artificielle et la préparation de la révision de la loi de bioéthique. L’objectif était de réunir des acteurs – professionnels, patients, académiques – porter un regard croisé sur les domaines du numérique et de la santé. »
 
 
2. Quelle est la proposition de valeur d’Ethik-IA ? 
 
« Ethik-IA a introduit dans le débat public l’idée d’une garantie humaine de l’intelligence artificielle en santé. L’objectif est de permettre une supervision humaine de l’évolution de l’IA et notamment lorsqu’elle intègre une composante d’apprentissage automatique – Machine Learning – pour tenter de réguler les risques éthiques associés au déploiement de l’IA et qui ont été identifiés dans l’avis 129 du Comité consultatif national d’éthique, émis dans le cadre de la préparation de la révision de la loi de bioéthique. Il y a d’abord le risque d’une délégation de la décision médicale ou du consentement du patient. Et puis il y a aussi le danger d’une minoration de la prise en compte de l’intérêt de l’individu par rapport au collectif : nous voyons, dans la gestion de la crise COVID19 que cette dimension est au cœur des enjeux de mobilisation du numérique et de l’IA face à la pandémie. »
 
 
3. Comment Ethik-IA intègre la notion de « régulation positive » de l’IA et de la robotique ? 
 
« C’est le point essentiel. Depuis le début, nous portons l’idée que le risque éthique le plus grande serait de se fermer, de sur-réglementer. L’intelligence artificielle peut considérablement augmenter la qualité de la prise en charge des patients et l’efficience de notre système de santé. Nous ne pouvons pas passer à côté de ces nouveaux outils. Et, surtout, si nous ne retenions une approche fermée en France dans un contexte très protégé avec le RGPD européen nous risquerions fort de nous voir imposer des nouveaux outils technologiques conçus ailleurs aux Etats-Unis et en Chine. Ici encore, ce que nous vivons en ce moment montre que nous avons besoin très rapidement d’une approche très forte de l’Europe de l’innovation et de la santé. Ethik-IA y contribue en accompagnant les acteurs de santé et les concepteurs des solutions d’IA. Nous avons également développé des outils de formation initiale et continue à la disposition des professionnels de santé. Ces idées se sont retrouvées dans l’article 11 du projet de loi de bioéthique voté au Parlement qui reconnaît le principe de garantie humaine de l’IA. Cette notion est également reprise dans le Livre Blanc de la Commission européenne sur l’IA publié en février. Mais il faut avancer rapidement car pour gagner la bataille de l’innovation dans le domaine de l’IA en santé, le temps nous est compté. »
 
 
4. En parallèle, vous êtes Directeur du programme Santé au sein de Jouve, pouvez-vous nous présenter Jouve ?
 
« Jouve est un opérateur français du numérique, présidé par Thibault LANXADE, spécialisé dans les traitements de documents, d’images et de données. Je dirige les activités santé du groupe depuis juillet dernier. Nous intervenons pour digitaliser les flux de remboursements – professionnels de santé et patients – des acteurs de la protection sociale. Et nous avons mis au point une solution d’IA d’automatisation de l’admission des patients en établissements de santé publics et privés que nous avons appelée Know Your Patient. L’objectif est de permettre une digitalisation de l’On-Boarding des patients en pré-admission, en admission et lors de l’accueil des patients aux urgences. Nous avons obtenu un référencement national par le RESAH pour une version de première étape de cette solution dans le contexte COVID19. Le but est de mettre les établissements en capacité d’éviter les concentrations inutiles de population en contexte épidémique et de servir de back-office à la téléconsultation, actuellement en plein développement. »
 
 
 
 
 
 

Nos dernières interviews

Retrouvez toutes nos interviews !

J'y retourne

Une question ?
Nous sommes à votre écoute.

Contactez-nous.

  • 3 Place des Pyramides, Paris 75001
  • +33 (0) 9 71 20 09 26
  • contact@company.com