Diagonales Conseil

Caroline Maleplate

Déléguée GNV – GRDF

Caroline Maleplate, Déléguée GNV (Gaz Naturel pour Véhicules) au sein de GRDF, nous présente les fonctions, atouts et cibles privilégiées du GNV.

 

L’intégralité de l’interview

1 – Présentez-nous GRDF !

« Principal gestionnaire de réseau de distribution de gaz naturel en France, GRDF distribue, chaque jour, le gaz naturel à plus de 11 millions de clients. Pour cela, et conformément à ses missions de service public, GRDF conçoit, développe, exploite et entretient plus de 200.000 km de réseau dans plus de 9 500 communes. Expert du gaz, résolument engagé dans la transition énergétique, GRDF contribue au développement du biométhane et du Gaz Naturel Véhicule en France. »

 

2 – Pouvez-vous nous présenter le GNV (Gaz Naturel pour Véhicule) ? Quels sont les atouts du GNV ?

« Le GNV, c’est tout simplement du gaz naturel utilisé comme carburant. Il s’agit du même gaz que celui utilisé pour vous chauffer ou pour cuisiner ! C’est une alternative fiable aux carburants traditionnels qui peut se présenter sous deux états – comprimé, on parle alors de GNC, ou liquéfié, appelé GNL.

Le BioGNV est la version renouvelable du GNV. Le gaz est, dans ce cas, produit à partir de la fermentation de déchets organiques, c’est ce qu’on appelle la méthanisation. Il a les mêmes caractéristiques que le GNV, aussi, tous les véhicules roulant au GNV sont compatibles avec le BioGNV.

La technologie GNV existe, notamment dans les flottes de bus, depuis plus de 20 ans. Elle dispose donc d’un retour d’expérience considérable. C’est une solution simple et robuste, ne nécessitant pas de rupture technologique ; le BioGNV ressemble aux carburants traditionnels, tant dans son usage que dans sa maintenance.

Les véhicules BioGNV disposent de nombreux avantages sur les plans écologiques et économiques.

Tout d’abord, ils améliorent drastiquement la qualité de l’air, disposant ainsi de la vignette Crit’air 1, les autorisant à rouler pendant les pics de pollutions et dans les centres villes dont la circulation est restreinte.  En termes de réchauffement climatique, une étude de l’IFPEN a dernièrement démontré que les véhicules BioGNV présentent un bilan carbone identique à celui de l’électricité sur de nombreux segments, dès lors qu’on prend en compte l’intégralité des émissions du véhicule (sa fabrication, son recyclage, la production du carburant…).

Outre ses performances sanitaires et environnementales, le BioGNV dispose également de nombreux avantages socio-économiques. 

En effet, les déchets deviennent source de revenus ; la production locale de biogaz participe ainsi au développement d’une économie circulaire en valorisant les déchets organiques du territoire et en y ancrant l’activité agricole grâce aux revenus complémentaires générés par la méthanisation. Les retours d’expérience montrent des chiffres d’affaire de 600 000 à 1 000 000 d’euros et des retours sur investissement de l’ordre de 8 à 9 ans. De bon augure alors que la CCAN (Commission des Comptes de l’Agriculture de la Nation) invite ‘à prendre au sérieux’ la baisse de revenu du secteur agricole et que la FNSEA estime qu’il est « urgent que le gouvernement français opère des choix stratégiques, tant sur le plan réglementaire qu’en matière d’accompagnement de l’investissement ».

En termes d’emploi, chaque unité de méthanisation permet de créer 3 à 4 postes non délocalisables. Début 2018, on estimait que 2250 emplois directs et 5000 emplois indirects sont générés par la filière biogaz en France.

Le BioGNV est donc un carburant Made in France, produit localement, grâce à des emplois non délocalisables, et favorisant l’indépendance énergétique du territoire. »

 

3 – Quelles sont les cibles privilégiées ?

« Les cibles privilégiées sont principalement les véhicules lourds (transports de marchandises, bus et cars, véhicules de propreté urbaines et véhicules utilitaires). Leurs conditions d’exploitation correspondent généralement bien aux capacités d’avitaillement. Le nombre de stations encore limité (150 stations en France) ne permet pas d’adresser directement le marché du véhicule léger hormis pour certaines flottes captives comme les flottes d’entreprises, les véhicules sanitaires ou les artisans. A titre d’exemple, la ville de Paris roule déjà à hauteur de 80% au BioGNV pour son parc de bennes à ordure, tout comme 100% des bus de Lille.

A fin 2019, on comptait en France plus de 20 000 véhicules dont 3 500 poids lourds, près de 2 000 bennes à ordure (près de 10 % du parc) et 3 400 bus (16 % du parc français). La Programmation Pluriannuelle de l’Energie définissant les objectifs de la politique énergétique de la France, prévoit un large accroissement du marché du GNV et du BioGNV, en prévoyant que 60% des poids lourds circuleront au GNV ou au BioGNV d’ici 2050 et que jusqu’à plus de 800 stations pourraient être ouvertes d’ici à 2028. »

 

4 – Comment convertir sa flotte au GNV ?

« Pour convertir sa flotte, rien de plus simple, il suffit de prendre contact avec les équipes de GRDF. Nous vous accompagnerons, dans le respect de nos missions de service public, dans toutes les étapes de conversion de votre flotte, de la simple étude préliminaire visant à vous faire vérifier la pertinence écologique et économique de la solution à la mise en service de vos véhicules.

Mais convertir les véhicules n’est cependant pas le seul moyen de contribuer au développement du GNV et du BioGNV. En effet, le déploiement d’un nouveau carburant sur un territoire implique la mise en place d’un réseau de stations. Certains transporteurs ont décidé de s’associer pour convertir une flotte plus conséquente et ainsi faciliter l’implantation de stations. De la même manière, certaines collectivités ont choisi d’investir dans les stations via des Sociétés d’Economie Mixte. Elles réussissent ainsi la double mission de déployer un réseau de carburant alternatif et d’assurer des retombées économiques locales. »

 

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