Diagonales Conseil

Cédric Arcos

Directeur Général Adjoint de la région Ile-de-France et ambassadeur du système de santé danois pour la France

Cédric Arcos, Directeur Général Adjoint de la région Ile-de-France, nous explique les missions et enjeux du Conseil régional d’Île-de-France, et revient sur son rôle d’ambassadeur du système danois pour la France.

L’intégralité de l’interview

1 – Vous êtes Directeur Général Adjoint de la Région Ile-de-France. Quelles sont vos missions principales ?

« Je suis en charge des questions sociales et de santé ainsi que des politiques sportives, de jeunesse et de sécurité. J’ai ainsi la mission d’animer et de coordonner les différentes politiques qui visent à lutter contre les fractures territoriales et sociales, prendre soin des plus vulnérables et créer du lien entre les territoires et les populations, au sein d’une région marquée par d’importants contrastes et inégalités. A travers ces politiques, qui trouvent leur place dans le programme « Région Solidaire », l’enjeu central est d’accompagner le développement du territoire en veillant à sa cohésion et à son équilibre. Pour cela, la feuille de route tracée par la Présidente de Région est d’être un acteur majeur d’innovation sociale, d’investir aux côtés des acteurs du territoire et d’agir aux interstices de la solidarité, c’est-à-dire dans les domaines non couverts par les autres acteurs publics. Concrètement, je travaille au quotidien sur des sujets qui sont en lien direct avec les préoccupations des franciliens et qui sont interdépendants les uns des autres : santé, solidarité, sport, handicap, sécurité et citoyenneté. Avec un souci constant, celui de concentrer nos actions sur les projets ayant la plus grande capacité d’entrainement et d’assurer la complémentarité de nos actions avec les autres grandes politiques publiques. C’est dans cet esprit par exemple que nous mettons actuellement en place un système de garantie bancaire pour les personnes malades aujourd’hui exclues de l’accès au crédit, que nous travaillons sur la construction de maisons Région Solidaire destinées à accueillir et prendre soin des sans-abris du métro, que nous travaillons sur l’accès à tous les sports des personnes en situation de handicap ou encore que nous soutenons des projets territoriaux de télémédecine. »

 

2 – En matière de santé, quels sont les principaux enjeux pour le Conseil Régional en 2020 ?

« La santé est pour la Région un thème absolument stratégique, et pour cause, il s’agit de la première préoccupation des Français et des Franciliens. L’Île-de-France est une Région de grandes disparités, où, malgré la variété et la densité de l’offre, l’accès aux soins reste marqué par de lourdes et persistantes inégalités. C’est ainsi que nous avons développé, en lien étroit avec les autres acteurs au premier rang desquels l’ARS, l’URPS et les représentants de patients, des politiques innovantes d’aide à l’installation (aides à l’investissement, aide à l’équipement, soutien au numérique, etc) qui, progressivement, portent leurs fruits même si beaucoup reste à faire.

Le deuxième enjeu pour le Conseil Régional, c’est celui de l’attractivité du territoire, avec l’ambition de faire de la santé un levier de développement économique, de croissance et de création d’emplois. Considérez les hôpitaux, les centres de recherche, les universités, le campus de Saclay, le pôle de compétitivité Medicen, les grands industriels et le réseau incroyable de start-ups : l’Ile-de-France comporte déjà un écosystème complet et incomparable en matière de santé. Notre souhait est donc de mieux coordonner cet écosystème et de le mettre au centre de la politique industrielle ; de faire également en sorte que la santé soit intégrée et irrigue toutes les politiques régionales afin que le logement, la formation, le développement durable, les transports contribuent chacun à l’amélioration de l’état de santé de la population francilienne.

Enfin, l’attractivité du territoire pour les professionnels de santé est un autre point crucial de notre engagement. Cela passe par la modernisation de l’appareil de formation, notamment avec l’universitarisation et la formation par la simulation. Cela passe également par une action très directe pour faciliter la vie des personnels de santé : aide aux crèches, construction de 11000 logements avec des loyers accessible et réservés aux professionnels de santé, aide à la sécurisation des cabinets médicaux, etc. C’est toute une palette d’outils très concrets que nous mobilisons pour soutenir les soignants franciliens. Nous travaillons également sur une problématique trop peu prise en compte, l’épuisement professionnel des professionnels de santé, à laquelle nous avons cherché à répondre par la mise en place d’un centre d’appel dédié, en partenariat avec l’association SPS et la formation de 2000 professionnels en 2019. »

 

3 – Vous êtes l’ambassadeur du système de santé danois pour la France. De quelles mesures pourrions-nous en France nous inspirer ? 

« Le gouvernement danois m’a en effet choisi comme ambassadeur de son système de santé il y a bientôt cinq ans. C’est une aventure très stimulante qui consiste à faciliter les liens entre les acteurs français et danois du monde de la santé, à développer les partages d’expérience qu’ils soient scientifiques, industriels ou politiques et à consolider l’amitié franco-danoise dans ce secteur stratégique pour nos deux nations. Ce que je retiens avant tout de l’expérience danoise, c’est que la réforme du système est possible. Face à des difficultés comparables aux nôtres, les autorités danoises ont su faire de la santé une priorité politique centrale et ont défini des lignes de consensus entre tous les acteurs du système. Elles ont ainsi fait le choix de la proximité, en confiant des responsabilités fortes aux municipalités et aux régions dans l’animation du système, tout en garantissant au niveau national l’équité dans l’accès aux soins ; elles ont associé étroitement les acteurs privés aux réformes, en soutenant les champions industriels danois dans leur croissance et leurs innovations ; elles ont revu drastiquement l’organisation des soins en repositionnant les hôpitaux dans un rôle de recours et en consolidant l’offre de soins de premier recours ; elles ont enfin fait des outils numériques un axe de transformation du système et d’amélioration de l’accès aux soins. L’expérience danoise est donc celle d’un système qui a su complètement se régénérer. »

 

 

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