Diagonales Conseil

Jérôme Freisseix

Directeur de la transition énergétique

Grand Poitiers

Jérôme Freisseix, Directeur de la transition énergétique pour la communauté urbaine du Grand Poitiers, relate les réalisations et ambitions liées aux enjeux énergétiques du Grand Poitiers !

L’intégralité de l’interview

1. Vous êtes Directeur de la transition énergétique pour la communauté urbaine du Grand Poitiers. En quoi consiste votre rôle ?

« C’est un rôle d’intégrateur des composantes de la TE dans les différentes politiques publiques mais aussi parfois un rôle de pionner défricheur, tant les pistes à explorer pour adapter et atténuer notre action et notre empreinte sont diverses. C’est aussi une veille permanente sur un environnement général en mouvement : il ne s’agit pas de reconduire des erreurs commises ailleurs ; il peut être utile, en revanche, de suivre les bonnes pratiques ou les bonnes idées.

En interne, c’est affaire de bon sens mais aussi de convictions et de pédagogie.  Bien entendu, le caractère moteur des élus est primordial en collectivité territoriale : réussir la TE est un des axes politiques dominants du projet de territoire de Grand Poitiers Communauté Urbaine. »

2. Vous avez été pionnier en optant pour des véhicules électriques au sein de votre flotte automobile administrative sans attendre les obligations légales. Quels ont été les freins et quels sont les retours aujourd’hui ?

« Soyons clairs, le coût des VE a été le frein majeur. Seule la labélisation TEPCV obtenu auprès de l’Etat a pu déclencher l’acte d’achat, une fois l’aide (subvention TEPCV) déduite. Passée cette étape, il a fallu changer le regard des utilisateurs potentiels sur le VE : information (utilisation, recharge, etc.) et formation en mode ludique ont ensuite rapidement tordu le cou aux préjugés. La facilité et le confort d’utilisation des VE ont fait le reste ! Aujourd’hui, à l’évidence, les utilisateurs réservent préférentiellement un VE plutôt qu’un thermique. A ce titre, le choix n’était finalement pas laissé car chaque arrivée d’un VE s’est traduit, mécaniquement, par la sortie de parc d’un thermique. Les économies réalisées, en consommation et en maintenance, seront ensuite la « cagnotte » permettant d’assumer le surcoût d’acquisition des VE. »   

3. Le Grand Poitiers a initié des démarches d’autoconsommation collective début 2019. Pouvez-vous nous expliquer votre démarche et ambition ?

« Comme pour le VE, le constat était assez simple et le questionnement basique : peut-on faire nous-même moins cher que ce qui nous est facturé ? Une étude de faisabilité a répondu positivement à la question avec un retour sur investissement décent ! Les gros consommateurs électriques de Grand Poitiers (station de production d’eau potable et station d’épuration) ont ainsi été désignés pour accueillir prochainement des installations photovoltaïques. Deux modes contractuels vont être utilisés pour répondre au mieux au besoin : le tiers investissement pour un projet et l’investissement direct pour l’autre. Au-delà des économies à moyen et long termes, c’est aussi un souhait fort de démontrer l’efficience des cycles de production courts. »

4. Le quartier de la gare de Poitiers est en cours de rénovation et ce sous l’impulsion de l’opération « Cœur de ville ». Comment envisagez-vous de « verdir » ce quartier ?

« Là encore nous partons d’une idée assez simple dans le cadre d’une rénovation : nous prescrivons l’utilisation de techniques ou de technologies qui permettent de réduire l’impact bâtimentaire (réversibilité logement/activité, chauffage collectif, toiture végétalisée, orientation adaptée, etc.) et qui favorisent des usages exemplaires (gestion des déchets en compostage, eau de recyclage ou calories de l’assainissement). Enfin, l’espace public est traité en partage en favorisant les modes de déplacements doux ou alternatifs. On espère aussi pouvoir tester le micro-éolien voire le micro-hydrolien dans une optique de quartier démonstrateur qui disposera également des éléments « smartcity ».

5. Quels sont les principaux enjeux énergétiques à venir sur votre territoire ?

« L’enjeu principal pour un territoire assez étendu (40 communes et 110 km d’est en ouest) réside dans l’impact, à limiter, des mobilités qui sont aussi le support de l’activité économique. Ces déplacements représentent 35% du gisement d’économie à réaliser. Grand Poitiers est, par ailleurs à ce titre, très impacté par l’autoroute A10 dont le caractère de transit doit être « compensé » !

La question du transport public (bus, cars, TER), des déplacements peu polluants (gaz, électricité), de l’auto-partage ou du court-voiturage et des mobilités douces (politique du vélo et de la marche à pied) sont autant de chantier ouverts en parallèle.

Ensuite viennent les efforts à réaliser sur les bâtiments (habitat et bâtiments d’activité). Ils représentent 25% des économies à réaliser au travers de rénovation (isolation, système de production d’énergie, etc.). Suivent ensuite les actions sur l’industrie et l’agriculture.

Les principaux enjeux seront traduits au travers d’un PCAET d’ici la fin d’année. Mais, au plan énergétique et patrimonial, Grand Poitiers a déjà bâti les schémas directeurs qui étayeront la structure de ce nouveau plan climat. »     

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