Diagonales Conseil

Carmen Munoz-Dormoy

Directrice Générale

CITELUM – Groupe EDF

Carmen Munoz-Dormoy, Directrice Générale de CITELUM – Groupe EDF, nous explique l’importance de la gouvernance des datas dans les projets de smart cities !

L’intégralité de l’interview

1. La smart city permet de collecter beaucoup de données de l’espace public, comment peut-on protéger le citoyen ?

« La protection du citoyen passe sans condition par une gouvernance de la donnée bien définie en amont de la réalisation d’un projet de smart city. Il s’agit en effet de se poser très tôt la question, dès la phase de cahier des charges, à qui ces données vont appartenir et qui va pouvoir ensuite les exploiter.

Je parle ici des données collectées via les équipements urbains publics. Je différencie en effet celles qui sont directement générées par les citoyens via des applications ou via leurs comptes sur des réseaux sociaux. Face à un tel foisonnement, la régulation devient primordiale. La RGPD en Europe joue ce rôle et permet de protéger le citoyen à ses dépens parfois.

Dans l’écosystème de la donnée, certains acteurs se positionnent en collecteurs ou en fournisseurs de données, ainsi, définir clairement à la base ce que l’on peut faire ou pas, est crucial.

Pour Citelum, à l’instar du projet OnDijon réalisé en groupement avec Bouygues Energies & Services et Suez depuis 2018, nous avons prôné et acté avec la Métropole dijonnaise une gouvernance claire dès la signature du contrat.

Au-delà et par défaut, les données que nous collectons dans le cadre de l’un des projets réalisés pour une ville ou une collectivité, appartiennent à nos clients, nous les utilisons, et pouvons les analyser selon la demande mais uniquement pour apporter un meilleur service aux citoyens, usagers finaux que nous servons. »

2. On dit que la data est l’or de la smart city. Comment crée-t-on de la valeur avec les données ?

« Le modèle d’affaires qui consiste à collecter beaucoup de données et à les vendre ensuite, n’est pas un modèle simple.

Quand on regarde à la maille d’un territoire, la collecte peut être colossale et il faut donc avoir une idée précise de l’utilisation qui va être faite de ces données avant de les récupérer, car cette opération peut être extrêmement coûteuse.

C’est un peu la même idée qui doit prévaloir par exemple à la création d’un jumeau numérique. Lorsqu’on le conçoit, sa finalité va fortement conditionner la typologie et le degré de finesse des données dont nous avons besoin. On ne se concentrera pas sur les mêmes données si c’est pour traiter une problématique de gestion du trafic urbain ou de modélisation de la consommation énergétique.

L’un des points importants réside également dans la maille des valeurs que l’on collecte qui peut aller de la plus fine, jusqu’au centimètre, à l’échelle d’un quartier tout entier. Par exemple, pour un projet de stationnement intelligent, la maille de collecte dépendra de l’objectif poursuivi : s’agit-il d’identifier les zones de stationnement pour fluidifier le trafic ou plutôt d’identifier chacune des places une par une, pour identifier les mauvais payeurs ou les voitures ventouses ? En fonction de l’usage, des données plus ou moins fines seront nécessaires.

Enfin, j’insisterais sur la durée de vie de la donnée qui est aussi une question à se poser en amont d’un projet. Est-ce une donnée chaude dont on a besoin en temps réel ou une donnée plus froide qu’il faut stocker pour une analyse ultérieure ? Le stockage est un élément non négligeable et coûteux. Il est donc important de bien identifier les données utiles qui serviront effectivement a posteriori. »

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